About admin

Website:
admin has written 154 articles so far, you can find them below.

Un article sur « Murmure de rizières », publié dans « Paysages écrits » n° 27 par France Burghelle Rey ( juin 2016)

  Murmure de rizières, Claudine Bertrand, éditions de la Lune bleue, 2014

Happé musicalement par l’allitération du titre on ouvre l’ouvrage des éditions de la Lune bleue qui comporte huit poèmes de Claudine Bertrand illustrés par cinq peintures de Eban.

Un tirage limité permet au texte de conserver le côté précieux que possède en lui-même le livret.

Dès les quatre premiers minuscules tercets du premier texte et  » à l’entrée de la pagode  » Thiên Mu, la plus connue du Vietnam, on est initié à ce qu’il convient d’appeler une promenade d’ordre à la fois plastique et littéraire. Peinture et sculpture sont tout d’abord convoquées au sein d’une nature harmonieuse :  » osmose de la terre et de l’eau « . L’art se vit jusque au dehors:  » spectacle de rue  » et les grottes sont à elles-mêmes de  » véritables cathédrales  » vers lesquelles  » Glissent les sampans « , ces bateaux de l’Asie.

On  remarque bientôt que le temps est prégnant, au cœur du ressenti, avec son  » sablier  » et la  » chambre  » qui le domine, et favorise les jeux de lumière de l’aube au crépuscule.

Puis, par une succession d’images auditives et visuelles, est décrite toute la vie orientale et plus précisément ici celle du Vietnam avec son  » Mua rôi nuoc « , théâtre de marionnettes. Une vie baignée par le Fleuve Mékong et sur laquelle,  » Entre les feuilles de latanier « , peut régner l’écriture :  » poèmes à chapeaux  » et  » Phrases à contre-jour « .

Et, comme pour couronner le tout, se trouvent :

 » Sur la montagne de marbre

Des bouddhas émerveillés

Côtoyant le jade  »

L’or et le vert des poèmes sont accompagnés par le bleu et le rouge des peintures de Eban et ces couleurs toutes ensemble offrent la beauté d’une palette.

Le livret s’achève sur le constat d’une dualité, ici donc du yin et du yang, et, par là, du retour des choses.

C’est ce monde qu’il a fallu  » déchiffrer » dans  » une  » langue de voyage  » et au travers de  » paysages « . Enfin, dans les derniers vers, passent encore les nuages au goût d’éternité.

Sur « Fleurs d’orage » : lire le « Fil de lecture » de France Burghelle-Rey et la postface de Lionel Ray

Fil de lecture de France Burghelle-Rey : Fleurs d’orage, Claudine Bertrand, Editions Henry.

Le recueil s’ouvre sur l’alliance de la parole avec le monde et sur le désir pour «  le poète aveugle », Roland Giguère, qui a choisi le suicide et au souvenir duquel Claudine Bertrand dédie son texte, de retourner au limon. Pour ce faire se déploie, dès les premières pages, une isotopie de la liquidité. L’eau, sous toutes ses formes, est ici un élément rédempteur et permet à l’errant de trouver son identité. La narratrice, en union avec son interlocuteur, se métamorphose et trouve sa définition : «  je suis méditerranée ».

Au sein de cet univers «  cobalt » et  «  indigo  » «  les «  fleurs d’orages  » dans un vers éponyme et la «  couleur fraîche sur dalles chaudes  » s’associent au champ lexical du bleu.

Le livre formé, avec harmonie, de quatrains aux vers courts et composé de quatre volets avance comme autant de vagues qui se déposent sur le sable du repos définitif. La première partie se clôt sur la révélation que l’eau et les mots sont une même et unique  chose : «  l’eau des psaumes  » où l’on va savoir si le poète ( destinataire ou narrateur ? ), dans un «  éden métissé  », pourra trouver le salut.

Le second volet, après une allusion au tsunami et à la fuite, s’achève sur une profession optimiste du poète disparu qui a écrit :

«   Nous ne craignons pas
les profondeurs

si nous pouvons
remonter plus haut  »

A l’ouverture de la partie suivante, c’est une langue aux accents homériques qui s’offre au lecteur avec, comme cadre encore, les éléments marins et comme moyens, des épithètes et expansions diverses dignes des grands textes :

«  l’orpheline éternité  »
«  abîmés de bleu les nuages saturés  »
«  l’indéchiffrable ailleurs  »  

Et au milieu de la mer qui «  ensorcelle  » et qui grise : l’espoir. A noter, également, malgré tout un lexique funèbre, ces deux vers remarquables :

«  jamais plus le siècle
ne piratera ton verbe  »

Puis la musique, «  cette alchimie  », semble bien la clé dans «  le lamento d’un art sacré ».

Le volet quatre réitère ces isotopies. L’eau, sous l’aspect, cette fois, de la glace et les couleurs également, accompagnent l’hommage au peintre :

« Revoir les paysages
de Sisley lointains

en bordure du Loing
des péniches évoluent  » 

Assonances et allitérations y remplissent leur rôle synesthésique et l’art de Claudine Bertrand – à la fois, dans son sens et sa forme – nous comble :

« Moulin près du pont
un jeu limpide

de teintes ciel de lit
parfois mauve fauve

L’insolence de la cigale
cet été-là stridence
l’orgie la complainte
que l’on délecte »

Enfin, nous dit «  celle qui sait  », le poète, sourcier et visionnaire, choisit, dans un siècle ravagé, de remonter le fleuve.

Avec l’expérience, l’écriture de la poète s’est parfaite. Elle est devenue ici magique, mettant le doigt, avec ce sentiment d’évidence propre à la poésie, sur la beauté du monde.

Postface de Lionel Ray (Extrait)

J’avance comme l’eau, cette citation du poète Roland Giguère au souvenir de qui est dédié le recueil de Claudine Bertrand, oriente notre lecture. C’est indiquer que le mouvement (qui implique énergie) est au principe de la vie, comme de la parole-poème et de la voix elle-même, et du temps qui ne cesse pas.

Le jury du Prix des Trouvères 2017 sera présidé par Claudine Bertrand

Grand Prix de Poésie de la Ville du Touquet (France) en partenariat avec Écrit(s) du Nord.

Un prix de poésie, doté par la Ville du Touquet-Paris-Plage, est décerné chaque année à un recueil inédit de vers ou de prose poétique, en langue française. Ce prix est destiné à l’édition du manuscrit. L’ouvrage sera publié dans un délai d’un an chez un éditeur choisi par Écrit(s) du Nord. Il portera, selon l’usage, la mention Prix des Trouvères Grand Prix de Poésie de la Ville du Touquet.

Le jury final du Prix des Trouvères 2017 sera présidé par Claudine Bertrand.

En savoir plus sur ce prix

Invitée en Slovaquie et en Bulgarie en mai 2016

Claudine Bertrand lira ses poèmes et d’autres seront présentés, traduits par Dimana Ivanová
http://www.litclub.bg/library/prev/claudine/poems.html
http://www.litclub.bg/library/prev/claudine/poslednata_jena.html
Et aussi une traduction en langue slovaque:
https://www.encyklopediapoznania.sk/clanok/6180/bertrand-claudine-1948

Dimana Ivanová, PhD.

Gymnázium Malacky ul. 1 mája, Slovenská republika
Teacher of French; Arts and culture. Director of the school library
učiteľka francúzštiny, umenia a kultúry, vedúca školskej knižnicehttp://gymal.edupage.org/teachers/
www.dimanaivanova.com
http://www.poetasdelmundo.com/europa.php?id=149

14 janvier 2015 : soirée de solidarité internationale avec le poète Ashraf Fayadh

   Dans le cadre de la soirée mondiale « Liberté au poète Fayadh « menacé d e mort en Arabie Saoudite a lieu  un rassemblement de solidarité et  lecture de poésie  le 14 janvier à travers plusieurs pays .
Le Centre québéçois du PEN international est associé à cette cause.

Quand : Jeudi, le 14 janvier 2016 à 18h30

 : CEDA,2515, rue Delisle, Montréal (Québec) H3J 1K8,  Métro Lionel-Groulx

Info : Salah Beddiari, 438 878 9195, beddiaris@gmail.com

Feuille de route, Soirée de soutien à Ashraf Fayadh, 14 janvier 201

18h30 : Présentation de la soirée par S. Beddiari et Claudine Bertrand

18h45 : Lecture d’un extrait du poème de Ashraf Fayadh en français, en anglais et en arabe

Intervention des poètes : 5 mn

Claudine Bertrand,

Jean-Pierre pelletier,

Mouloud Belabed,

Salah El Khalfa Beddiari,

Nassira Beloula,

Soheir Fawzat,

Fayrouz Faouzi,

Aziz Fares,

Ehab Lotaif,

Vincenzo d’Alto,

Shane Watt,

Kim Doré,

Anna Martinez-Reina,

Ariane Cassandre paradis,

Jeanne Painchaud,

Yvon D Anjou,

Vicki Laforce,

Katia Lemieux,

Amine Laourou,

Éric Roger

Intermèdes musicaux avec

Alden Chorush et Adham Bozart

20h30- 21h00 : Micro libre pour des mots de solidarité Musique et paroles.

Claudine Bertrand et l’Afrique par Thierry Sinda

Dans les poèmes que nous vous donnons à lire, la poétesse canadienne Claudine Bertrand exprime sa fascination pour l’Afrique et pour la peau noire qui y est maîtresse ès beauté. C’est sous le grand
étendard Passion Afrique qu’elle les a tout naturellement regroupés.
Même si Claudine Bertrand a forcément un regard d’Occidentale, elle est illuminée par ce « pays de ruine et de lumière » par « ce pays de la mort » « où prononcer le nom du Tyran / te rends la parole » !
En tant que poétesse sensible à tous les ailleurs, elle tente de faire sauter les « portes closes » des « lèvres interdites » « Jusqu’ à ce qu’une fleur apparaisse » à celui qui « attend(s) les mots des poètes /comme des clés/ qui libèrent de la barbarie » !
Dès lors sa poésie se fait engagement en faveur de la dignité de celui qu’elle appelle dans son prisme blanc : l’ « Homme sauvage / à la bouche nomade » et qui n’est autre que l’Africain noir…
S’aventurer sans freins dans les méandres initiatiques de l’Afrique sauvage réattribue la profonde parole-lumière à Claudine Bertrand, laquelle découvre, au risque de se grandement brûler les yeux : la perfection de la prière noire de l’Amour noir ensorceleur : « aimer est une prière noire / Au rythme du tam-tam / des peaux nues / brillent comme une affiche ».
La poésie de Claudine Bertrand est une poésie subtilement engagée, où la force des images, propres aux authentiques poètes, domine. Dans son sujet de passion, et bien au-delà de son sujet de passion, sa
mémoire ancienne formatée l’amène à déborder mécaniquement en émettant des prises de possession relatives à l’écriture, à la mort, au
rôle des poètes et à l’Histoire.
Thierry SINDA