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A propos du livre « Carnet de route à quatre voix »

       Carnet de route à quatre voix.

         Angela. Cinta. Monique. Soledad.

               Préfaces de Michelle Bachelet et Dimla Rousseff

    Editions Tirésias

   « Carnet de route à quatre voix est un livre unique écrit par des femmes. Un livre publié par les Editions   Tirésias et Michel Reynaud, qui a fait du combat des femmes pour l’égalité ses racines d’homme et d’éditeur.

Carnet de route est un récit sans dissonance ni rupture dans l’écriture. Passant avec Angela, Cinta, Monique et Soledad du Brésil à l’Argentine et au Chili. Récits chronologiques de décennies de violences de ces dictatures avec les peurs qu’elles ont instillées au plus profond des êtres, les horreurs absolues incrustées dans les consciences. Récits contre la résignation, mais aussi, de ces moments rares que la vie propose au milieu des drames, dans ces combats illégaux mais non clandestins ; ou de la séparation à la prison et jusqu’à l’exil, les couples finissent par se retrouver.

Récit conclu, par cet épilogue de Monique, à l’origine de ce projet il a maintenant plusieurs décennies ouvrant des pistes politiques inédites qui se proposent d’éviter de retomber dans ces mouvements de balanciers :            perdant/perdant qui ne mènent qu’à ce qui a échoué ou à cette liberté sans limites ni contrôles, d’exploiter les peuples qui n’ont menés jusqu’ici qu’à ces exploitations mortifères de la terre et des hommes.

Premiers du genre, ces récits, parce qu’écrits en toute liberté par des femmes. Des femmes faisant face aux sanglantes dictatures d’Argentine du Chili et du Brésil. Dictatures nées de coups d’Etats suscités, encouragés, voulus et soutenus jusqu’à leurs épuisements par des USA, déterminés à dominer sans partage tout un continent.

Carnet de route, décrivant la peur au ventre, les violences, les arrestations, les séparations et les tortures ; qui violent les peuples dans leurs dignités et les êtres dans leur intimité; mais qui forgent, révèlent, fortifient, et vivifient, les caractères déjà si singuliers de chacune d’entre ces femmes.

Quatre femmes parmi d’autres ; prenant totalement leurs vies en mains, refusant de s’isoler, de se résigner, et devenant des combattantes. N’abandonnant jamais leur dignité, comme leur féminité. Témoignages vivants et dignes, de ce que furent leurs sorts incertains, tout au long de ces décennies.

Ecrivant des choses magnifiques, mais si évidentes en fait ; sur ce qui différencie les deux sexes, sans les séparer. L’homme, il est fait de ci ; la femme, elle est faite et constituée de ça. La vie n’a pas à nous enfermer dans le registre traditionnel des contingences sociales ou religieuses, écrivent-elles. Démontrant, s’il le fallait encore, que c’est ensemble, qu’il nous faut en finir, avec des siècles d’infinis servages, qui n’ont faits jusqu’à présent, que réduire l’humanité toute entière, au plus petit et plus étroit dénominateur.

A se demander, si à travers les récits d’Angela, Cinta, Monique et Soledad, ce livre ne nous convie pas à redécouvrir, parmi les plus beaux des enseignements, que seules des femmes pouvaient nous inviter à partager avec elles en ce début de 21ème siècle.

Parce qu’à aucun moment… A aucun moment : Angela, Cinta, Monique et Soledad n’ont tentés de retirer quoi que ce soit aux hommes, puisqu’à travers leur Carnet de route, elles n’ont fait à mes yeux… que rétablir l’équilibre !

Sylvain Briant »

Ce texte pris entre guillemets, est destiné à être publié intégralement, sans rajout ni retrait, sauf accord de l’auteur.

Monique Blaquière Roumette, universitaire, Paris-Nord. A publié trois livres sur le cinéma latino-américain et participé à  l’écriture de cinq documentaires. Traductions d’articles divers, de deux romans, de poètes argentins, dont Juan Gelman. A publié un essai, L’énigme des anges, éd.e/dite, 2005; un roman, Le val d’absinthe, 2011, éd. de l’Aube, sous le nom d’Anna Roman.

A pris l’initiative de ce livre pluriel.

Angela Arruda, Brésilienne, après onze ans d’exil, au Chili d’abord, à Paris ensuite, vit et travaille actuellement au Brésil  dans l’Institut de Psychologie de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro. A publié des essais portant sur les cultures et les identités latino américaines en collaboration avec des chercheurs brésiliens, mexicains, vénézuéliens  et français.

Cinta Freire Cordier vit en France dans les Landes. Fille de trois pays, la France où elle est née, l’Espagne que sa mère a dû quitter lors de la Retirada, la Russie patrie d’un père  à peine connu, elle a parcouru l’Amérique latine en tant que journaliste. Collaboratrice à l’agence SIPA PRESSE, free lance dans diverses revues et publications. Elle participe avec  sa mère au travail de mémoire sur les femmes et les enfants républicains espagnols qui furent internés dans les camps français.

Soledad Bianchi, universitaire chilienne, a dû quitter son pays entre 1975 et 1987. Exilée à Paris,  elle collabore à la revue Araucaria et enseigne à l’université de Paris-Nord les littératures chilienne et latino américaine contemporaines. Elle a publié  deux anthologies et quatre essais sur poésie et littérature chilienne.

 Guillermo Nuñez, peintre  né à Santiago du Chili où il a reçu en 2007 le Prix National des Arts. Son courage, son audace et son humour  valurent  à ce grand artiste, qui est aussi écrivain, d’être par deux fois détenu sous la dictature. Dans son œuvre ample et variée il exprime avec une grande force plastique « les formes extrêmes de violence exercées par l’État sur les corps ».

 

 

 

Hommage au poète par Monique Pagé, prononcé le 15 février 2015 et paru dans la revue « Carquois »

  Mme Claudine Bertrand, femme de parole nous fait l’honneur d’être parmi nous

Poète, éditrice, animatrice de radio, Claudine Bertrand est une femme passionnée. Son activité poétique comporte deux aspects : la création littéraire et la création de lieux de diffusion de la poésie.

Au début des années 80, des femmes poètes prennent de plus en plus et collectivement la parole dans le sillage des années 70, mais d’une manière plus intime. Claudine Bertrand fait partie de ces pionnières. Depuis cette époque, dit-elle, il y a davantage de femmes dans le monde littéraire. Bien que les lieux de parole collective se sont raréfiés, les femmes poursuivent toujours leur création et ce malgré les événements sociaux et politiques qui menacent cette parole.

En 1981, Claudine Bertrand fonde la revue Arcade réservée à l’écriture des femmes. Elle en a été l’éditrice durant plus de 25 ans. En 2006, elle crée la revue en ligne  mouvances.ca pour donner la parole aux écrivains. Elle est aussi responsable du volet poétique à la revue Des Rails (desrails.free.fr). Elle participe à la mise sur pieds de l’événement La poésie dans le métro, une façon de démystifier la poésie en la rapprochant du public.

Après une carrière en enseignement de la littérature au collégial, Claudine Bertrand éprouve toujours la nécessité de parler de littérature. Elle anime une émission littéraire hebdomadaire le mercredi soir sur la chaine MF Radio Ville-Marie (91,3) de 20h à 21h.

Respectueuse du besoin de parole de chacun de nous, consciente du besoin d’expression d’une société, Claudine Bertrand nous encourage à écrire : « à chacun sa parole c’est en écrivant qu’on évolue, écrire c’est prendre le risque de trouver sa forme…»

30 ans d’activités

Claudine a publié son premier recueil en 1983, Idole errante, aux Éditions Lèvres Urbaines. Une vingtaine de recueils ont suivi, ici ou à l’étranger. Deux autres sont à paraître en France au printemps 2015. Une anthologie, Rouge assoiffée, (L’Hexagone, 2011), regroupe le parcours de l’auteure sur une période de trente ans. Louise Dupré, qui la connait bien, en a fait le choix des textes et rédigé la préface. Un livre incontournable.

Ses livres et ses activités en France et en Afrique, ont contribué à réaliser ce pont qui transporte la parole québécoise au-delà de nos frontières. D’ailleurs le prix Tristan-Tzara lui a été décerné en 2001 pour Le corps en tête. Elle est la seule québécoise, à ce jour, à avoir obtenu ce prix qui est aussi, pour elle, une reconnaissance du langage québécois, vif et original.

«Elle trempe ses mains dans l’eau de l’Éden.

Elle s’en asperge de la tête aux pieds.

Elle entre dans son regard bien décidée à aller jusqu’au bout.» (Le Corps en tête, l’Atelier des Brisants, France, 2001)

Au Québec, en 2002, le Prix Saint-Denys Garneau, lui a été décerné conjointement avec l’artiste plasticienne Chantal Legendre pour L’énigme du futur, un livre d’artiste. Ce prix signifie beaucoup pour elle d’autant plus que Saint-Denys fut un poète associé à une rupture pour ne pas dire une évolution de la poésie au Québec.

La Chute des voyelles, sorti en 2004, réagit au 11 septembre 2001, un l’événement qui fait face à l’incompréhension totale. Le style épouse cette émotion : le langage de rupture est hachuré. Ainsi,  «Dire je est lourd / surtout quand il fait défaut» (p.36)

Avec Une main contre le délire, l’écriture se fait plus cinématographique. Des sortes de tableaux ou miniatures en poèmes rendent compte de l’écriture face aux situations intimes et à la vie. La forme et le titre s’imposent. Chaque livre propose une intensité à travers l’expérience de l’écriture.      «Elle suivrait / n’importe qui /pour échapper à sa ligne de vie » (p.21)

Écrire c’est, pour Claudine Bertrand, se relier aux autres. Sa poésie met en image une réalité ou projette une autre vision de la réalité.  Elle écrit tous les jours. Les textes s’accumulent. L’auteure choisit, élague, rassemble. Elle trouve une unité à travers tout ce déséquilibre que constitue une portion de vie en mots.  

«Quand elle se voudrait à l’abri, les vertiges de l’écriture, instant après instant, l’obsède parmi phrases et silence. [] Elle retrouve invariablement son existence entre les lignes»  (L’Amoureuse intérieure,  1997, p.15 et p.19)

D’un recueil à l’autre, son écriture évolue et elle me confie que plus elle vieillit plus elle s’ouvre aux autres cultures. Elle arrive à l’essentiel, quelques vers, une écriture épurée. Le mystère africain y est-il pour quelque chose?

«Avec pour malle / Ses délires / D’images/ À profusion»

(Au large du Sénégal, poésie, Éditions Rougier, collection « Plis urgents », 2013)

Hommage au poète par Monique Pagé, prononcé le 15 février 2015 et paru dans la revue « Carquois »

Mme Claudine Bertrand, femme de parole nous fait l’honneur d’être parmi nous

Poète, éditrice, animatrice de radio, Claudine Bertrand est une femme passionnée. Son activité poétique comporte deux aspects : la création littéraire et la création de lieux de diffusion de la poésie.

Au début des années 80, des femmes poètes prennent de plus en plus et collectivement la parole dans le sillage des années 70, mais d’une manière plus intime. Claudine Bertrand fait partie de ces pionnières. Depuis cette époque, dit-elle, il y a davantage de femmes dans le monde littéraire. Bien que les lieux de parole collective se sont raréfiés, les femmes poursuivent toujours leur création et ce malgré les événements sociaux et politiques qui menacent cette parole.

En 1981, Claudine Bertrand fonde la revue Arcade réservée à l’écriture des femmes. Elle en a été l’éditrice durant plus de 25 ans. En 2006, elle crée la revue en ligne  mouvances.ca pour donner la parole aux écrivains. Elle est aussi responsable du volet poétique à la revue Des Rails (desrails.free.fr). Elle participe à la mise sur pieds de l’événement La poésie dans le métro, une façon de démystifier la poésie en la rapprochant du public.

Après une carrière en enseignement de la littérature au collégial, Claudine Bertrand éprouve toujours la nécessité de parler de littérature. Elle anime une émission littéraire hebdomadaire le mercredi soir sur la chaine MF Radio Ville-Marie (91,3) de 20h à 21h.

Respectueuse du besoin de parole de chacun de nous, consciente du besoin d’expression d’une société, Claudine Bertrand nous encourage à écrire : « à chacun sa parole c’est en écrivant qu’on évolue, écrire c’est prendre le risque de trouver sa forme…»

30 ans d’activités

Claudine a publié son premier recueil en 1983, Idole errante, aux Éditions Lèvres Urbaines. Une vingtaine de recueils ont suivi, ici ou à l’étranger. Deux autres sont à paraître en France au printemps 2015. Une anthologie, Rouge assoiffée, (L’Hexagone, 2011), regroupe le parcours de l’auteure sur une période de trente ans. Louise Dupré, qui la connait bien, en a fait le choix des textes et rédigé la préface. Un livre incontournable.

Ses livres et ses activités en France et en Afrique, ont contribué à réaliser ce pont qui transporte la parole québécoise au-delà de nos frontières. D’ailleurs le prix Tristan-Tzara lui a été décerné en 2001 pour Le corps en tête. Elle est la seule québécoise, à ce jour, à avoir obtenu ce prix qui est aussi, pour elle, une reconnaissance du langage québécois, vif et original.

«Elle trempe ses mains dans l’eau de l’Éden.

Elle s’en asperge de la tête aux pieds.

Elle entre dans son regard bien décidée à aller jusqu’au bout.» (Le Corps en tête, l’Atelier des Brisants, France, 2001)

Au Québec, en 2002, le Prix Saint-Denys Garneau, lui a été décerné conjointement avec l’artiste plasticienne Chantal Legendre pour L’énigme du futur, un livre d’artiste. Ce prix signifie beaucoup pour elle d’autant plus que Saint-Denys fut un poète associé à une rupture pour ne pas dire une évolution de la poésie au Québec.

La Chute des voyelles, sorti en 2004, réagit au 11 septembre 2001, un l’événement qui fait face à l’incompréhension totale. Le style épouse cette émotion : le langage de rupture est hachuré. Ainsi,  «Dire je est lourd / surtout quand il fait défaut» (p.36)

Avec Une main contre le délire, l’écriture se fait plus cinématographique. Des sortes de tableaux ou miniatures en poèmes rendent compte de l’écriture face aux situations intimes et à la vie. La forme et le titre s’imposent. Chaque livre propose une intensité à travers l’expérience de l’écriture.      «Elle suivrait / n’importe qui /pour échapper à sa ligne de vie » (p.21)

Écrire c’est, pour Claudine Bertrand, se relier aux autres. Sa poésie met en image une réalité ou projette une autre vision de la réalité.  Elle écrit tous les jours. Les textes s’accumulent. L’auteure choisit, élague, rassemble. Elle trouve une unité à travers tout ce déséquilibre que constitue une portion de vie en mots.  

«Quand elle se voudrait à l’abri, les vertiges de l’écriture, instant après instant, l’obsède parmi phrases et silence. [] Elle retrouve invariablement son existence entre les lignes»  (L’Amoureuse intérieure,  1997, p.15 et p.19)

D’un recueil à l’autre, son écriture évolue et elle me confie que plus elle vieillit plus elle s’ouvre aux autres cultures. Elle arrive à l’essentiel, quelques vers, une écriture épurée. Le mystère africain y est-il pour quelque chose?

«Avec pour malle / Ses délires / D’images/ À profusion»

(Au large du Sénégal, poésie, Éditions Rougier, collection « Plis urgents », 2013)