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	<title>Claudine Bertrand &#187; Extraits</title>
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	<description>La poésie est une arme chargée de futur (Gabriel Celaya, poète espagnol)</description>
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		<title>Deux poèmes publiés le 21 mai 2014, dans la revue &#171;&#160;Recours au poème&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jun 2014 09:07:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits]]></category>

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		<description><![CDATA[Plus d&#8217;informations sur le site : Recours au poème Mémoire du Bénin Une route se souvient de secrets indicibles te prie à travers sable rugueux et pierres sauvages de ne rien occulter Silhouette noire dans le vert paysage tu te glisses en de brefs instants comme serpent de l’Éden pour faire surgir les mots Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Plus d&#8217;informations sur le site : <a title="Recours au poème" href="http://www.recoursaupoeme.fr/claudine-bertrand/m%C3%A9moire-du-b%C3%A9nin#sthash.TJiuGzqD.dpuf" target="_blank">Recours au poème</a></p>
<h3>Mémoire du Bénin</h3>
<p>Une route se souvient<br />
de secrets indicibles<br />
te prie à travers sable rugueux<br />
et pierres sauvages<br />
de ne rien occulter</p>
<p>Silhouette noire<br />
dans le vert paysage<br />
tu te glisses en de brefs instants<br />
comme serpent de l’Éden<br />
pour faire surgir les mots</p>
<p>Je lis l&#8217;inaccessible poème<br />
au cœur des racines<br />
dans tes yeux inconsolables</p>
<p>Les tourments du vent<br />
se font entendre<br />
avec fracas<br />
comme la voix sans fin<br />
des esclaves à Ouidah</p>
<p>Elle résonne encore<br />
près de la porte de Non-Retour<br />
se mêlant aux chants<br />
aux soupirs du Bénin<br />
qui refusent de se taire</p>
<p>La langue étrangère<br />
boit à la lisière de l’intime<br />
langue en désirance<br />
se fait jour<br />
contre toute attente<br />
à  l’aube d’une nouvelle odyssée</p>
<p>Langue contre langue<br />
pour faire respirer le poème<br />
d’heure en heure<br />
l&#8217;œil du tigre<br />
te supplie de ne rien oublier<br />
son corps d’ivresse<br />
déjoue toute langue</p>
<p>Parfum d’ailleurs<br />
dans les zones haute tension<br />
on fait fi des conventions<br />
pour forger un espace de liberté<br />
en terre d&#8217;errance</p>
<p>Plus d&#8217;informations sur le site : <a title="Recours au poème" href="http://www.recoursaupoeme.fr/claudine-bertrand/m%C3%A9moire-du-b%C3%A9nin#sthash.TJiuGzqD.dpuf" target="_blank">Recours au poème</a></p>
<h3>Rouge sur rouge</h3>
<p>Vertiges lointains<br />
sous nos pas<br />
la terre bouge comme séisme</p>
<p>Corps-action<br />
en hauteur de vue<br />
des points d&#8217;éblouissement</p>
<p>D&#8217;autres ailleurs<br />
vers ailleurs ici<br />
plus loin que blessure</p>
<p>Pensées et mots d&#8217;entrechoquent<br />
passage au noir<br />
liberté bâillonnée<br />
comme le refus global</p>
<p>Entrer dans le maquis des langues<br />
rendre à la réalité crue<br />
désordres et tempêtes<br />
nuits sans trêve<br />
sans bord sans limite</p>
<p>Le souffle sur la tempe éclate<br />
des passants perdent leur visage<br />
leurs yeux se vident de leur mémoire</p>
<p>un bout de rien<br />
rejouer son théâtre<br />
l&#8217;abîme est dessous<br />
tous les mots sont piégés</p>
<p>La main cherche à tâtons<br />
quelque chose qui a disparu<br />
perdu dans la rumeur basse</p>
<p>Les murs craquent les toits aussi<br />
bruits de casserole tintamarres<br />
le « je » le « tu » pluriel<br />
les cendres encore chaudes</p>
<p>L&#8217;agitation dans la rue<br />
recharge le sens de l&#8217;univers<br />
et des images qui roulent à flots<br />
dans la voix du peuple</p>
<p>la langue soudain soulève les mots<br />
frôle les précipices<br />
le poème goutte à goutte<br />
se dilue dans le magma<br />
comme l&#8217;utopie</p>
<p>Rouge sur rouge<br />
déferlantes<br />
sont les énigmes<br />
du printemps de notre histoire</p>
<p>Autant de vertiges<br />
de loin en loin<br />
qui se rapprochent<br />
de terre Québec</p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;La Nomade&#160;&#187;, paru dans l&#8217;anthologie poétique &#171;&#160;terres de femmes&#160;&#187;</title>
		<link>http://claudinebertrand.fr/la-nomade-paru-dans-lanthologie-poetique-terres-de-femmes/</link>
		<comments>http://claudinebertrand.fr/la-nomade-paru-dans-lanthologie-poetique-terres-de-femmes/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 28 Jun 2014 21:44:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>

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		<description><![CDATA[LA NOMADE                                 À Louky Femme de la désirance tout feu tout flamme aux mains de paysage grandissent en elle des cantiques et des chants qui raniment le vivant Si le ciel «bougonne» de gros nuages elle ricane à qui mieux mieux marche par les sentiers par les forêts sur la terre du sanglier jusqu’à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://claudinebertrand.fr/wp-content/uploads/2014/08/antho_nomade2.png"><img class="alignright size-full wp-image-1108" title="antho_nomade2" src="http://claudinebertrand.fr/wp-content/uploads/2014/08/antho_nomade2.png" alt="" width="150" height="225" /></a>LA NOMADE                                 </strong>À Louky</p>
<p>Femme de la désirance<br />
tout feu tout flamme<br />
aux mains de paysage<br />
grandissent en elle<br />
des cantiques et des chants<br />
qui raniment le vivant</p>
<p>Si le ciel «bougonne» de gros nuages<br />
elle ricane à qui mieux mieux<br />
marche par les sentiers par les forêts<br />
sur la terre du sanglier<br />
jusqu’à la source<br />
et son souffle y puisera<br />
sa dose d’ivresse</p>
<p>Toute à ses racines<br />
femme enrobée de soleil<br />
jamais rassasiée<br />
elle boit l’eau du ruisseau<br />
le trop-plein de vie<br />
pieds et mains<br />
gorgés de sang<br />
elle sème des herbes<br />
de toutes espèces</p>
<p>Une huppe se pose<br />
sur son épaule<br />
elle l’enjôle mieux que quiconque<br />
femme de l’Amourachure<br />
elle renouvelle les souches<br />
avec pour vertige<br />
une langue qui bourgeonne</p>
<p><strong>Claudine Bertrand</strong><br />
Texte inédit pour <em>Terres de femmes</em> (D.R.)</p>
<p><strong><a href="http://terresdefemmes.blogs.com/anthologie_potique/anthologie-po%C3%A9tique-terres-de-femmesprintemps-des-po%C3%A8tes-2010-couleur-femme-.html" target="_blank">Anthologie poétique <em>Terres de femmes</em> (66)</a></strong></p>
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		<item>
		<title>Extraits</title>
		<link>http://claudinebertrand.fr/extraits/</link>
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		<pubDate>Thu, 21 Nov 2013 00:27:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits]]></category>

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		<description><![CDATA[MONTRÉAL EN PIÈCES DÉTACHÉES «Réduit à sa forme la plus simple et essentielle, le poème est une chanson» Octavio Paz  Dans un mois dans un an Quand je retrouverai Montréal À la saveur des premiers fruits À l&#8217;odeur des premiers jardins Quand les enfants dans leurs pas perdus Passeront devant le presbytère désert Alors je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>MONTRÉAL EN PIÈCES DÉTACHÉES</em></strong></p>
<p><em><span style="font-size: small;">«Réduit à sa forme la plus simple et </span><span style="font-size: small;">essentielle, le poème est une chanson» </span></em><span style="font-size: small;">Octavio Paz</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> </span><span style="font-size: small;">Dans un mois dans un an<br />
</span><span style="font-size: small;"> Quand je retrouverai Montréal<br />
</span><span style="font-size: small;">À la saveur des premiers fruits<br />
</span><span style="font-size: small;">À l&#8217;odeur des premiers jardins<br />
</span><span style="font-size: small;">Quand les enfants dans leurs pas perdus<br />
</span><span style="font-size: small;">Passeront devant le presbytère désert<br />
</span><span style="font-size: small;">Alors je me rappellerai<br />
</span><span style="font-size: small;">Mon enfance oubliée<br />
</span><span style="font-size: small;">Et les morts aimés<br />
</span><span style="font-size: small;">Je me rappellerai de cette ville<br />
</span><span style="font-size: small;">Qui à la fois aveugle et éclaire</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Dans un mois dans un an<br />
</span><span style="font-size: small;">Je me rappellerai de Montréal<br />
</span><span style="font-size: small;">De jour de nuit<br />
</span><span style="font-size: small;">Ce paysage sauvage<br />
</span><span style="font-size: small;">À travers la jungle des lettres et des sons<br />
</span><span style="font-size: small;">Je me rappellerai Montréal<br />
</span><span style="font-size: small;">En pièces détachées<br />
</span><span style="font-size: small;">Montréal l&#8217;esclave insoumise<br />
</span><span style="font-size: small;">Je me rappellerai la-rue-sans-nom<br />
</span><span style="font-size: small;">Celle qui descend vers le fleuve<br />
</span><span style="font-size: small;">Loin de la magie urbaine<br />
</span>Et du tam-tam quotidien</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>LE CORPS EN TÊTE</em></strong></p>
<p>Un peu de nuit s’attarde à nos pieds<br />
comme un reste de nos paroles.<br />
Le corps est une signature enfantine<br />
depuis longtemps oubliée.</p>
<p>Quelqu’un piétine le givre craquant<br />
des lettres.<br />
***</p>
<p>Quelqu’un tire un rideau et voilà<br />
qu’apparaît la fêlure du monde.<br />
C’est un cheveu sur l’œil.</p>
<p>C’est une lézarde au milieu de la langue.<br />
Un vieux foyer bordé de dents.</p>
<p>***</p>
<p>L’ombre du ciel se frotte contre toi.<br />
Tu es le contre jour qui passe<br />
à côté du présent.</p>
<p>Elle rassemble ses doigts. Elle en fait un bouquet. Elle four-<br />
re cela d’un coup dans ta bouche. Elle veut que tu suces le goût du temps.</p>
<p>***</p>
<p>Peut-on offrir toute la profondeur<br />
d’un coup de surface? Il y a des seins<br />
dans le toucher, des cœurs dans la pulpe.</p>
<p>Celui qui aime n’a qu’un désir :<br />
violer les règles du je.</p>
<p>***</p>
<p>Quand la respiration devient la langue<br />
du silence, je souffle un peu plus fort.<br />
Tu ne vois peut-être que ma buée.</p>
<p>Tu lèches ma pensée en l’air.</p>
<p>***</p>
<p>Elle accueille de toute sa peau<br />
des signes que son corps déchiffre<br />
en dessous. Les grands mots du désir<br />
coulent dans l’invisible. Elle écoute<br />
cette longue phrase pénétrante.</p>
<p>***</p>
<p>Le poème est une aventure à<br />
mener pour lui.</p>
<p>Son mouvement absorbe celui<br />
de la vie. Il rend sensible<br />
la peau du silence.</p>
<p>***</p>
<p>Comme dans un tableau, les personnages<br />
sont des couleurs,<br />
donc de la matière vivante.</p>
<p>Leur sexe n&#8217;est pas sexuel,<br />
il est l&#8217;ombre de la chair.</p>
<p>***</p>
<p>Le réel se rêve dans l&#8217;écriture,<br />
c&#8217;est ainsi que le sang se réalise<br />
dans la main.</p>
<p>Plus tard, on ne sait où est l&#8217;entrée<br />
du miroir, ni de quel côté l&#8217;image,<br />
de quel côté le corps.</p>
<p>***<br />
Tes yeux ont touché ma figure.<br />
Peut-être n&#8217;étais-je que leur projection,<br />
peut-être les avais-je créés afin<br />
d&#8217;être vue telle que je le veux.</p>
<p>Ainsi soit-il, dit le lecteur qui, toujours,<br />
dit la vérité.</p>
<p>Regarder vers le passé est une manière<br />
de creuser dans la direction de la source,<br />
mais aucune âme n’a de lèvre pour<br />
faire venir l’eau. Il ne nous reste<br />
par conséquent qu’à faire venir les larmes.</p>
<p>Elles seules donnent un fond au visage et<br />
dissipent l’illusion.</p>
<p>L&#8217;Atelier des Brisants</p>
<p><strong><em>PIERRES SAUVAGES</em></strong></p>
<p>Patrie des pierres<br />
on enterre les vivants</p>
<p>Un homme<br />
chaque jour<br />
dépose une pensée<br />
quelques mots<br />
sur un tombeau inconnu</p>
<p>Quand l&#8217;air tranche la gorge<br />
se taisent ses mots</p>
<p>Certaines pierres<br />
renaissent<br />
et repoussent la douleur</p>
<p>Tout peut tenir en ces paroles</p>
<p>Plus de portes<br />
ni de fenêtres</p>
<p>Je n’habite plus les demeures<br />
qui me dépossèdent</p>
<p>Surprise<br />
à lécher la pierre<br />
pour étancher la soif</p>
<p>Derrière des barreaux<br />
se touchent des lèvres</p>
<p>La pierre crève les yeux des miroirs</p>
<p>Je ne vois plus la pluie<br />
chaque mot l’étreint<br />
tel le dévolu de son ombre</p>
<p>Pour l’étrangère<br />
nul endroit<br />
où déposer son nom</p>
<p>Les nids abandonnés<br />
par la guerre<br />
détournent le printemps</p>
<p>Ce qui était n’est plus<br />
ce qui est à venir n’est pas<br />
ce qui est n’est pas encore tracé</p>
<p>Au lieu du sommeil<br />
chaque nuit grignote un souvenir<br />
et fait naufrage</p>
<p>La passion<br />
une courte phrase<br />
qui hurle toute une vie</p>
<p>Tu implores la nuit<br />
de cacher tes yeux<br />
pour mieux voir</p>
<p>Quand la lumière chancelle<br />
l’existence s’écrit mieux</p>
<p>Le poète condamné<br />
promène sa carapace<br />
arrache son manteau de colère</p>
<p>Les battements du cosmos<br />
remuent dan tes veines<br />
et te conduisent vers la mort</p>
<p>J’ai les mains remplies<br />
de rivières<br />
de forêts noyées<br />
d’arbres hantés</p>
<p>Les pierres se gorgent de pluie<br />
retrouvent leur insolence<br />
donnent chair aux habitations</p>
<p>La feuille tombe avec les mots<br />
comme une réalité<br />
en fin de partie</p>
<p>Une maison sans toit<br />
un puits sans eau<br />
découragent tout bonheur</p>
<p>Un bûcher seule demeure<br />
tant de jours tant de nuits<br />
pour tout déraciner</p>
<p>Qui se souviendra<br />
de ses râles<br />
de ses vérités tronquées</p>
<p>Sur des haillons<br />
de pierre<br />
elle aura appris à se lever</p>
<p>Et à marcher<br />
telle une vivante</p>
<p><strong><em>AILLEURS INTÉRIEURS</em></strong></p>
<p>Chargée de cascades<br />
au mollet nerveux et mus clé<br />
la ville n’est plus la ville<br />
Une allée d’aubépines<br />
s’en file comme des chapelles<br />
les unes aux autres<br />
l’emprunterons-nous de nouveau<br />
L’herbe trébuche étouffe<br />
et seule pleure<br />
Vivre sans mot dire<br />
derrière les lourds volets<br />
est-ce vivre</p>
<p>Sous le foisonnement des arbres<br />
je quête le silence des feuilles<br />
Parmi le bavardage<br />
ver tige cherche<br />
vocabulaire<br />
de vérités toutes nues<br />
Prise tout entière<br />
dans les filets de l’instant<br />
rompre le dés enchantement<br />
Un baiser la fit sur sauter<br />
demi-tour vers la réalité<br />
Il pose l’annulaire sur ses prunelles<br />
elle mur mure te voilà enfin !</p>
<p>ÉDITIONS L’HARMATTAN, collection poètes des cinq continents, PARIS, 2005 (Préface de Jean Pierre Faye)</p>
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